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26 mars 2013 2 26 /03 /mars /2013 09:37

Yop les filles !

 

Bon, je suis enceinte, ça n'est plus très nouveau.

 

4 mois et demi environ, tout va bien, et je ne vais pas m'étendre sur la facilité de ma grossesse, je n'ai pas envie de me prendre des cailloux rougilan

 

C'est un très beau petit garçon qui se construit sous la direction de mes neurones. Oui, mes neurones du service mémoire ont subi une reconversion forcée en neurones architectes. Je ne sais pas comment eux prennent la chose, mais moi ils me manquent terriblement.

 

 

Sinon je voulais exprimer tout un tas de choses à propos de regrets et de fiertés qui me construisent, et qui construiront mon enfant.

 

Je regrette énormément qu'il ne connaisse pas ses grands-pères. Mon père et le père de mon compagnon étant décédés. Je le regrette car il sera dans le schéma familial que j'ai vécut. Je n'ai jamais vu que mes grands-pères en photo. Et si je n'ai pas cette souffrance de "ne plus les voir" comme je souffre de l'absence de ma grand mère, je râle contre cette fichue phrase qui dit qu'on ne souffre pas de l'absence de ce que l'on n'a jamais eu. L'absence totale de mes grands-pères a créé une souffrance en moi. Ce n'est pas la même que j'évoque pour ma gran-mère. Mais elle existe. J'aurais tant voulu les connaitre.

Connaitre ce grand père si gentleman qui faisait de toutes les femmes des princesse, et qui a fait de ma grand mère une reine. Ce même grand-père si matheux qui se serait arraché les cheveux avec sa petite fille si allergique aux calculs... Ce grand-père dont je n'en sait guère.

Connaitre cet autre grand-père dont ma mère ne me parle pas souvent, si ce n'est pour dire qu'il a mis enceinte sa mère, et qu'il préférait aller en prison (nourri logé blanchi) que de payer la pension alimentaire. Qu'il était un courreur de jupon invétéré, et que sa dernière conquête connue était une fille du même âge que ma mère. Qu'il était plus poilu qu'un singe.

 

Ce ne sont pas des regrets qui me bloquent. Je ne peux pas agir dessus, et je n'ai pas pu empêcher les évènements d'arriver.

 

Je regrette que mon fil ne connaisse pas ses grands pères.

D'abord mon père. Je ne me suis jamais sentie proche de lui, mais il était un père parfait. Il faisait ce qui lui semblait juste, et il y arrivait. Je n'ai jamais manqué de rien, si ce n'est peut être de manifestation d'amour et de compréhension. A première vue, c'était un père un peu caricatural. Il travaillait, il faisait les travaux du jardin et les bricolages, il conduisait, et me promettait le fusil si je ramenais un mec à la maison. (Et croyez-moi, mon père était sacré bon tireur !)  mais en fait, il était surtout farouche. Il aimait son intimité et la protégeait. Il cuisinait aussi bien que ma mère (je vous jure que c'est pas une mince affaire). Il touchait sa bille en patisserie. Il était gourmant. Il avait un humour fin, et profitait à fond des amitiés qu'il liait jusqu'à la mort. Il aimait chasser. traquer une proie, toute en discrétion. Je crois que cela lui permettait d'épanouir ses capacités intellectuelles à ce moment là. Il ne chassait pas pour tuer. S'il tuait, il ramenait la bête à la maison, nous la mangions. Ne pas gaspiller une vie. Il adorait les animaux.

 

Mon beau-père. Il était un homme généreux et conciliateur. il ne s'embarassait pas des bonnes manières et se faisait des amis de beaucoup de gens. Il avait le sourire facile et contagieux. Il était amoureux de sa femme, et le montrait, même encore à 60 ans passé. Le plaisir et le bonheur de ses enfants et petits enfants faisaient le sien. Il aimait voyager, et il s'en donnait les moyens. Les états unis, l'europe, la guadeloupe, le maroc, madagascar... J'en oublie certainement. Il se serait ruiné pour payer l'opération qui aurait permit à son fils ainé de remarcher correctement. Il aurait fait pareil pour son second fils (mon compagnon), pour qu'il puisse voir au delà des 5 et 4 pauvres dixièmes que lui apportent ses lunettes.

Je ne saurais vous en dire beaucoup plus.

 

Certes, nos pères avaient bien des défauts. L'un était plus que taciturne et grognon, et l'autre était franchement magouilleur. Mais ce n'est pas cela que je souhaite transmettre d'eux à mon fils.

 

Car je suis fière d'eux. Ils ont contribué à ce que mon compagnon et moi sommes.

 

Mon père m'a enseigné son amour des animaux, et son amour pour la pêche et la chasse. Il m'a enseigné son amour de la patisserie, et maintenant, la bûche de noël, c'est la mienne. Avec un peu de mon père dedans. Son amour de l'informatique aussi. Et son attachement à la liberté. Sa façon de lier des amitiés. A la vie, à la mort.

 

Mon compagnon a reçu le don de lier des amitiés aussi facilement que son père, et l'amour du voyage, du dépaysement. L'amour du bon pain , et le bonheur de ses proches.

 

Beaucoup d'autres choses sans doute. De petites choses, qui se transmettront, de façon consciente ou inconsciente à notre fils. Je suis fière de pouvoir dire à mon fils que nous aimions leurs grands-pères et que nous n'avons pas honte d'être leurs enfants. De pouvoir lui dire que malgré la société, ils ont su dépasser le carcan de la pression sociale pour faire ce qu'ils aimaient, et nous apprendre à nous cette importance.

 

Je suis fière d'avoir eu un père et un beau père qui cuisinaient et passaient aussi bien le balais que nos mère quand il y en avait besoin. (En même temps, ce n'est pas comme si ma belle mère savait ce qu'est un balais...). D'avoir un beau père qui n'hésitait pas à monter sur scène pour danser. Un père qui se baissait pour caliner un chat.

 

C'est cet ensemble que je voudrais transmettre à mon fils. Tout en regrettant qu'il ne puisse recevoir cet enseignement de leurs mains propres.

 

 

hD391423A.jpg

 

 

Enjoy !

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  • : Coups de gueules, coups de blues, coup de fatigue... Tout y passera. Si je ne peux en parler autour de moi, j'en parlerais au monde entier. Du désir d'avoir un enfant, jusqu'à, j'espère, cet instant ou je pourrais vous dire "il(elle) est là".
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